La stratégie de recherche
du laboratoire

On ne naît pas hypnotisable

L’approche dominante pour expliquer la réponse à l’hypnose repose sur l’idée qu’il existe un trait de personnalité qui correspond à la propension générale d’un individu à répondre aux suggestions. Si l’on met de coté la nature quasi-circulaire, de cette explication, on constate qu’elle repose sur des résultats fragiles.

Ces dernières décennies ont vu s’accumuler les failles dans cette conception de l’hypnose. Le résultat le plus dévastateur contre cette approche est sans doute la diversité des stratégies d’implémentation des suggestions. Brièvement, un même phénomène hypnotique peut être réalisé de différentes manière par un individu.

Cela a été par exemple démontré sur la paralysie hypnotique du bras, avec une stratégie qui repose sur un mécanisme musculaire et une autre purement cognitive. Si un phénomène hypnotique repose sur des mécanismes radicalement différents, cela sape l’idée même d’expliquer la totalité de ces phénomènes par une explication monolithique.

L’hypnose est une activité que l’individu réalise et non pas quelque chose qui se produit malgré lui. De la même façon que différentes personnes ont des niveaux différents en natation, il existe des différences de réponse hypnotique entre les individus.

Mais comme personne ne nait champion de natation, la question au centre de notre laboratoire est :
comment optimiser la réponse hypnotique ?

La transe est une technologie à développer

Pour répondre au défi de l’optimisation de la réponse hypnotique, nous ne considérons pas l’hypnose comme un phénomène naturel, mais comme un savoir-faire mis en place par la personne hypnotisée et généralement assisté par un hypnotiseur. Cette vision permet de décloisonner le champ de l’hypnose et de contribuer à la question plus générale de la transe.

Les phénomènes hypnotiques classiques existent en dehors du contexte de l’hypnose et demandent à être expliqués. Parmi eux, nous trouvons les modulations fortes du sentiment d’agentivité, une modulation du fonctionnement cognitif habituel, ainsi que des changements dans les perceptions, cognitions, émotions et des effets psychosomatiques. Il s’agit, pour résumer, de modulation de l’expérience vécue.

Le contrôle de ces phénomènes aurait des applications décisives en psychologie clinique, en médecine et dans les métiers de l’accompagnement et de la performance. Ces applications, bien que déjà existantes, sont principalement freinées par la difficulté à produire les phénomènes hypnotiques de manière stable et pour la majorité des personnes.

Nous sommes dans un cas similaire à l’histoire de l’électricité, où au XVIIIème siècle il y avait des cas bien connus de phénomènes électriques (foudre, électricité animale, électricité statique, etc.) mais pas encore de maitrise technique du phénomène. Comme l’électricité à son époque, la transe est une technologie à développer. L’hypnotisme repose sur deux siècles d’évolution technique, et nous sommes déterminé à conjuguer la technicité de la pratique avec la rigueur scientifique.

Des mécanismes complexes
demandent des méthodes de précision

Pourquoi ces questions ont-elles résisté à près d’un siècle de recherche expérimentale ?

Il serait impensable aujourd’hui de faire de la biologie cellulaire sans les équipements adéquats de microscopie. En effet, c’est là le niveau d’observation qui permet de répondre aux questions actuelles du domaine. De même, l’hypnose se doit d’être étudiée à un niveau de granularité plus fin, comme un assemblage complexe de phénomènes plus simples plutôt qu’un phénomène monolithique.

Par conséquent, notre approche expérimentale repose sur trois piliers :

> Un développement technique de l’hypnose doit reposer sur des liens causaux plutôt que des corrélations. Pour cela, notre recherche est interventionnelle, elle vise à établir les conditions nécessaires et suffisantes à la production des phénomènes hypnotiques en comparant des variations fines entre protocoles.

> Notre recherche repose sur des données riches et fiables. Le fait que les phénomènes hypnotiques soient majoritairement subjectifs a largement freiné la recherche, puisqu’il est possible que le témoignage des participants soit influencé par les contraintes expérimentales. Pour éviter cela, les rapports subjectifs sont complétés par des tests comportementaux implicites et des mesures physiologiques. Cette densité de mesures convergentes vise à réduire la flexibilité interprétative des résultats et à garantir leur robustesse.

> Nous concevons des modèles mathématiques appropriés à la description des phénomènes complexes de l’hypnose. Ces modèles permettent une plus grande transparence sur ce que prédisent nos théories et minimisent la part d’interprétation.

Ces trois piliers que sont la recherche interventionnelle, l’utilisation de données convergentes fiables et l’utilisation de modèles descriptifs, garantissent un développement de notre compréhension de l’hypnose qui aura des répercutions fortes dans sa pratique et, in fine pour les usagers.

Recherche
interventionnelle

Données convergentes

Modélisation

L'équipe

Sébastien Bongard

Chercheur associé

Allan Dizet

Doctorant

Florian D’Inca

Chercheur associé

Le comité scientifique

Le comité scientifique est constitué de chercheurs académiques indépendants et expérimentés dans des disciplines ayant un rapport étroit avec le domaine de l’hypnose. Le comité est consulté quant aux décisions stratégiques de recherche.

Devin Blair Terhune

Reader, King’s College London, department of psychology

Frédérique de Vignemont

Directrice de recherche CNRS, Institut Jean Nicod, ENS – PSL

Thierry Gallopin

Maitre de conférences ESPCI, Laboratoire de la plasticité du cerveau

David Dupuis

Chargé de recherche INSERM, IRIS

Steven Jay Lynn

Steven s’est éteint vendredi 29 mars 2024 à l’âge de 78 ans. C’était une légende de l’hypnose qui a tant contribué à faire avancer la pratique clinique que la recherche expérimentale. Malgré la profondeur de son expertise, c’est une des personnes les plus humbles, bienveillantes et curieuses que j’ai eu la chance de rencontrer.

PRHySME a perdu un membre éminent de son conseil scientifique et la communauté scientifique a perdu un de ses plus brillants contributeurs. Mais Steve va surtout nous manquer pour ce qu’il était : un exemple.

Le comité d'éthique
de la recherche

Le comité d’éthique est composé de membres indépendants qui contribuent à la réflexion éthique du laboratoire et qui évaluent la conformité des protocoles de recherche menés au sein du laboratoire avec nos engagements éthiques et les meilleures normes internationales de recherche. Pour une parfaite transparence, le document de présentation du comité d’éthique est disponible ici. Le comité est constitué de :

Yan Vervliet

Praticien en hypnose

Géraldine Carranante

Philosophe des sciences

Armand Ahmadi

Expert informatique et sécurité, praticien en hypnose

Arthur Hernandez

Psychologue clinicien, praticien en hypnose

Sanae Temsamani

Praticienne et formatrice en hypnose

Alexandre Thiault

Psychologue clinicien, praticien en hypnose

Clémence Jacquet

Psychologue clinicienne, praticienne en hypnose, doctorante

Jérôme Valentin-Léautaud

Praticien, consultant, formateur, chercheur associé

Sophie Vié

Psychologue clinicienne, praticienne en hypnose

Jean Dupré

Praticien et formateur en hypnose

Alumni

Nous gardons en mémoire ceux qui ont contribué au laboratoire et nous sommes heureux que leur passage ait été l’occasion d’en apprendre plus sur les mystères de l’hypnose et de développer l’esprit de recherche crucial pour leur future carrière.

Julien Chauvet

Licence 2 psychologie

Alec Wood

Doctorant invité

Valentin Massé

Licence 2 psychologie

Louna Toudert

Master 2 anthropologie

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