A l’occasion de la sortie du livre de Kevin Finel (explorez les capacités de votre cerveau avec l’autohypnose), j’ai eu le plaisir de faire le point sur certains mythes de l’hypnose auprès de journalistes.
Mythe n°1 : Soit on est hypnotisable, soit on ne l’est pas
Il y a une grande variabilité des compétences hypnotiques dans la population. C’est exactement comme pour n’importe quelle activité. Mais non seulement c’est très rare d’avoir une personne qui ne réponde pas du tout à l’hypnose (entre 1 et 9%). Mais en plus il existe quelques moyens bien validés pour l’augmenter de sorte à ce que la majorité de la population puisse vivre une expérience d’hypnose.
Mythe n°2 : L’hypnose, c’est de la simulation
C’est un des premiers mythes que la science a démonté, notamment en démontrant l’existence des effets hypnotiques très compliqués à simuler comme respirer de l’ammoniac ou subir une opération douloureuse en restant impassible. Mais il y a quelques expériences particulièrement frappantes en neurosciences où l’hypnose permet de changer des mécanismes qui sont complètement en dehors de notre contrôle volontaire. On a par exemple des expériences qui montrent qu’on peut modifier le traitement dans les aires visuelles primaires.
Mythe n°3 : L’hypnose c’est un placebo, ça ne marche pas vraiment
La réponse à l’hypnose ne corrèlent pas de façon stable avec la réponse au placebo, et quand elles corrèlent, c’est assez faible.
De plus, si on s’intéresse purement à l’efficacité, le moteur de recherche PubMed renvoie 126 revues de la littérature scientifique et méta-analyses sur ce sujet. Intégrer l’hypnose dans les techniques de soin augmente de manière significative les résultats dans les applications suivantes : douleurs chroniques, anesthésies, troubles psychosomatiques, insomnies, phobies, dépressions, troubles anxieux, syndromes de stress post-traumatiques. Pour le non-pathologique on a également un effet pour : régulation du poids, arrêt du tabac, augmentation de la réussite scolaire ou sportive, etc.
Mythe n°4 : L’hypnose c’est du sommeil ou de la relaxation
Ce mythe a des origines historiques, mais ça fait depuis les années 30 que l’on sait qu’il n’y a pas besoin de relaxation pour vivre les effets de l’hypnose. Il y a même des expériences depuis les années 60-70 où les participants vivent toutes les expériences classiques d’hypnose en train de pédaler sur un vélo d’appartement ! Allez voir notre article à ce sujet pour en savoir plus !
Mythe n°5 : il existe UN état unique d’hypnose avec UNE signature neurophysiologique
Les méta-analyses récentes sont formelles : l’activité cérébrale est bien différente entre l’état normal et l’expérience d’hypnose. Néanmoins, il n’y a pas de marqueurs stables d’une expérience à l’autre. La raison la plus probable, c’est que différentes suggestions mobilisent différents mécanismes, ce qui fait qu’aucune activité n’est finalement commune à toutes les étude (ou même une majorité).
Mythe n°6 : Les personnes hypnotisées ne peuvent résister aux suggestions
Un prérequis nécessaire pour produire les réponses à l’hypnose, c’est le consentement. La question du consentement est une question complexe, mais il est bien établi qu’une personne sous hypnose ne réalise pas plus d’actes contre sa volonté qu’hors hypnose. C’est une information importante, parce que quand une personne ne croit pas avoir de libre arbitre dans une situation elle a tendance à ne pas l’utiliser.
Pour aller plus loin, nous vous conseillons cet article : Myths and misconceptions about hypnosis and suggestion: Separating fact and fiction (2020) Lynn et al.