Le saviez-vous ? A chaque semaine de formation à l’ARCHE, l’équipe de formation a droit à un petit déjeuner de la recherche ! Il s’agit d’un moment convivial où on aborde des questions à la charnière entre recherche, pratique et formation.
Aujourd’hui, les discussions se sont axées sur le concept de « mouvement idéomoteur ». Je vous partage une des nombreuses idées que nous avons eu le loisir de discuter dans ce moment privilégié.
Nous avons discuté de trois théories du mouvement idéomoteur.
Dans la théorie idéomotrice qui a donné son nom au phénomène, la représentation d’un mouvement mène à l’exécution du mouvement s’il n’est pas inhibé. L’inhibition étant imparfaite, le mouvement est lent et saccadé. Nous pouvons voir ça comme un barrage qui fuit. Pour favoriser la suggestion motrice, il faut à la fois maintenir la représentation en mémoire de travail (par exemple en répétant la suggestion) et affaiblir le contrôle cognitif de la personne, par exemple à travers de la saturation.
L’approche COLD control fait la différence entre le mouvement, l’intention du mouvement et la conscience de l’intention. Dans cette théorie, la conscience de l’intention est indépendante de cette dernière et elle est assurée par une représentation de haut niveau (de second ordre). Il en résulte que le mouvement suggéré et le mouvement demandé suivent les mêmes contraintes, la seule différence est la conscience de l’intention du mouvement. Par conséquent, pour faciliter un mouvement suggéré, on peut demander au participant de faire le mouvement suggéré volontairement pour le mettre dans une disposition active. Malheureusement cette théorie est plus descriptive que prescriptive et elle n’invite pas particulièrement des recommandations techniques.
La dernière théorie, la response set theory, prend le problème à l’envers et propose que l’ensemble des mouvements sont en réalité automatiques, et que le sentiment d’agentivité est reconstruit à posteriori si besoin. Dans ce cas, l’individu infère la source du mouvement des indices internes et contextuels et synthétise un sentiment approprié. Cette approche dit que l’expérience d’hypnose est bien plus proche de la réalité que notre expérience commune, grâce aux circonstances qui amènent la personne à substituer une autre cause qu’elle-même à son mouvement. Ici, la place des attentes et donc du discours pré-hypnotique est central.
Ces moments d’échanges caféinés sont d’autant plus appréciable que nous sommes en bonne compagnie ! Un grand merci à l’équipe de formation